Abus spirituel

Quelques points forts que je partage avec vous, suite à mes recherches sur le sujet.

Que Dieu le créateur nous éclaire par son Esprit !

Lucien COIQUE


En quoi consiste "l'abus spirituel" ? "C'est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude" (Galates 5:1). "L'abus spirituel peut se produire quand un conducteur utilise sa position spirituelle pour contrôler ou dominer une autre personne". "L'abus spirituel peut également se produire quand on utilise la spiritualité pour forcer les autres à vivre selon une certaine norme spirituelle". L'abus spirituel se produit quand on emploie la honte pour inciter quelqu'un à accepter une croyance, ou pour éviter de répondre à des questions légitimes". "Quand vos paroles et vos actions détruisent les autres, attaquent ou affaiblissent la position d'un Chrétien, afin de vous mettre en valeur, ou de consolider votre position et vos croyances, en affaiblissant ou endommageant celles des autres, c'est de l'abus spirituel". Il existe des systèmes spirituels dont les membres ne sont là que pour satisfaire les besoins de leurs conducteurs… Ces conducteurs tentent de se réaliser personnellement en profitant des performances religieuses de ceux qu'ils devraient plutôt servir et édifier. C'est une perversion dans le Corps de Christ. C'est de l'abus spirituel". "La vie chrétienne commence par une libération des œuvres mortes, des systèmes religieux, et de toute tentative humaine de "plaire à Dieu." Il est temps, pour beaucoup d'entre nous, de nous dégager des systèmes religieux et d'abandonner les attentes que nous avions créées, pour revenir à cette joyeuse liberté que nous avons en Christ". 

Comment identifier un système abusif :

  • L'accent placé sur l'autorité.

"Vous avez été rachetés à un grand prix ; ne devenez pas esclaves des hommes" (1 Cor. 7:23). "Mettre l'accent sur l'autorité signifie simplement qu'un dirigeant passe beaucoup de temps à affirmer sa propre autorité, et à rappeler aux autres que c'est lui qui exerce l'autorité. Ils en ont besoin, parce que leur autorité spirituelle n'est pas réellement fondée sur un caractère à l'image de Christ. C'est de l'hypocrisie". "Ceux qui exercent une véritable autorité démontrent leur autorité, leur crédibilité et leur puissance spirituelle par leur vie et leur message". "Romains 13:1 dit que toute autorité est instituée par Dieu. Mais le fait d'être recruté ou élu à une certaine position spirituelle, de parler plus fort que les autres, ou de se donner à fond, ne suffit pas pour conférer à quelqu'un une véritable autorité".

  • L'accent placé sur les performances.

"Car il se trouve parmi mon peuple des méchants ; ils épient comme l'oiseleur qui dresse des pièges, ils tendent des filets, et prennent des hommes. Comme une cage est remplie d'oiseaux, leurs maisons sont remplies de fraude ; c'est ainsi qu'ils deviennent puissants et riches. Ils s'engraissent, ils sont brillants d'embonpoint ; ils dépassent toute mesure dans le mal, Ils ne défendent pas la cause, la cause de l'orphelin, et ils prospèrent ; ils ne font pas droit aux indigents" (Jérémie 5:26-28).

"Si votre obéissance et votre esprit de service résultent uniquement de votre dépendance de Dieu, vous n'aurez pas les yeux fixés sur la rémunération. Vous ferez simplement ce que vous devez faire. Mais si vous vous demandez constamment si vous en faites assez pour être agréable à Dieu, vos yeux ne sont pas fixés sur le Seigneur, mais sur vos propres œuvres. Vous vous préoccupez aussi de savoir quelles sont les personnes qui vous regardent et qui vous évaluent. Si nous voulons suivre à la trace notre comportement "spirituel," n'est-ce pas parce que nous tentons d'en retirer quelques "bons points" ?"

"L'obéissance et la soumission sont-elles importantes ? Certes, cela ne fait aucun doute. On peut le voir en lisant Romains 13:1, 1 Pierre 5:5, et Hébreux 13:17. Il faut cependant adopter une position équilibrée. Nous devons également tenir compte de ces paroles de Pierre et des apôtres, dans Actes 5:29 : "Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes." Remarquez que Pierre dit ceci aux chefs religieux auxquels il était en train de désobéir. Sortie de son contexte, l'obéissance à des conducteurs spirituels a l'apparence d'une bonne théologie. Mais replacez ce concept dans son contexte, et vous verrez que l'on ne doit obéir et se soumettre à des conducteurs que dans la mesure où leur autorité vient réellement de Dieu, et où leur comportement correspond à la volonté de Dieu".

"Dans Romains 12:2, Paul dit : "Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l'intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait." Dans une église ou une famille centrée sur les performances, on pourrait interpréter ce verset de la manière suivante : "Notre église a raison. Notre conducteur aussi. Notre compréhension de la Parole de Dieu est meilleure que celle des autres. Nous devons donc adhérer à notre conception du Christianisme aussi fortement et rapidement que possible, afin que nous ne devenions pas comme ceux qui ne pensent pas comme nous. Si toute ma vie ne correspond pas à l'enseignement que j'ai reçu ici, c'est que j'aurais laissé tomber Dieu." Cette conception des choses écrase les gens dans un carcan. Ils ne se transforment pas, ils se conforment !".

  • Des règles non formulées.

"Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous dévorez les maisons des veuves, et que vous faites pour l'apparence de longues prières ; à cause de cela, vous serez jugés plus sévèrement" (Matthieu 23:14). "Vous savez que nous ne devons jamais être en désaccord avec ce que le pasteur nous dit dans ses prédications. Si vous manifestez votre désaccord, on ne vous fera plus confiance, et l'on ne vous confiera dans cette église aucune responsabilité dans aucun domaine. Dans ce cas, la règle non formulée est la suivante : "Ne vous opposez pas aux conducteurs de l'église, et tout particulièrement au pasteur, sinon votre loyauté sera remise en cause." De telles règles ne sont pas formulées, parce que si elles étaient évaluées à la lumière d'un dialogue entre adultes, cela révélerait aussitôt à quel point elles sont illogiques, malsaines, et antichrétiennes. C'est pourquoi le silence devient une forteresse de protection, qui conforte le pasteur dans sa position de puissance, et qui lui évite de faire l'objet d'un examen minutieux et d'être remis en cause".

Dans certaines églises, il existe une règle non formulée qui dit ceci : "Il vaut mieux être gentil qu'être honnête." Si vous soulevez publiquement un problème, c'est vous qui devenez le problème ! En vérité, quand les gens parlent publiquement d'un problème, ce n'est pas parce qu'ils causent ce problème, mais simplement parce qu'ils veulent l'exposer". "Trop d'églises font passer ce message honteux : "Le problème n'est pas causé par le fait que vous ayez franchi des limites que vous ne deviez pas franchir, mais simplement par le fait que vous commencez à parler. Si vous n'en aviez pas fait tout un plat, tout aurait continué à bien marcher !" Si vous acceptez ce message, vous ne parlerez plus. Toutefois, le problème réel est le suivant : si un Chrétien qui se sent violé décide de ne plus parler, celui qui a commis l'offense ne rendra jamais compte de son comportement".

  • Le manque d'équilibre.

"Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger" (Matthieu 11:28-30).

Johnson et Van VONDEREN (Le Pouvoir Subtil de l’Abus Spirituel, David Johnson et Jeff Van Vonderen – Editions Jaspe, Québec), ont identifié deux positions extrêmes, qui aboutissent toutes les deux à une vie chrétienne déséquilibrée. Il s'agit d'une objectivité extrême, et d'une subjectivité extrême.

"Le premier extrême consiste à avoir une approche empirique de la vie, qui ne fonde la vérité que sur des éléments objectifs, à l'exclusion de toute expérience subjective valable". "Cette approche de la spiritualité crée un système dans lequel l'autorité n'est fondée que sur le niveau d'éducation et les capacités intellectuelles, plutôt que sur l'intimité avec Dieu, l'obéissance et la sensibilité à Son Esprit". "L'autre manifestation de ce manque d'équilibre consiste à avoir une approche extrêmement subjective de la vie chrétienne. La vérité n'est fondée que sur des sensations et des expériences, au point de leur accorder plus d'importance que ce que déclare la Bible".

"Nous croyons qu'il est malhonnête, et même dangereux, d'accepter d'obéir à des directives spirituelles pour la seule raison que l'on attend de nous que nous soyons soumis, ou parce que celui qui nous donne ces directives occupe une position d'autorité. Finalement, c'est devant Dieu seul que nous nous tiendrons, et c'est à Lui seul que nous devrons rendre compte".

"Ils lient des fardeaux pesants, et les mettent sur les épaules des hommes, mais ils ne veulent pas les remuer du doigt" (Matthieu 23:4).

  • Une tendance à la paranoïa.

"Quand l'autorité a besoin de s'appuyer sur une loi, au lieu de s'exercer naturellement, il se développe un esprit de persécution, afin que tout reste bien en place dans le système. Pourquoi ? À cause de tous les "étrangers," c'est-à-dire ceux qui ne sont pas dans ce système. "Ils sont tous mauvais ou dangereux, ils manquent de spiritualité, et ils tentent de "nous" affaiblir et de "nous" détruire." Une telle mentalité finit par édifier une forte muraille, ou un véritable bunker, autour de ce système abusif, afin de protéger ceux qui abusent de leur autorité, de leur permettre d'échapper à toute enquête, et de ne rendre des comptes à personne. Cela ne facilite pas la tâche de ceux qui veulent partir, parce qu'eux aussi feront partie de ces étrangers". "Jésus et Paul nous ont tous deux avertis que les pires dangers que courraient les brebis viendraient des loups qui s'introduiraient dans la bergerie (Matthieu 10:16 et Actes 20:29-30)". 

  • Une loyauté pervertie.

"Une autre caractéristique des systèmes spirituellement abusifs est une forme de loyauté pervertie, qui est encouragée et même exigée. Nous ne parlons pas de notre loyauté envers Christ, mais de notre loyauté envers une organisation, une église, ou un conducteur donné".

"On parvient en général à obtenir cette loyauté en mettant en place un système où l'on réussit à faire accepter l'idée qu'un manque de loyauté envers la direction de l'église revient à un manque de loyauté envers Dieu. Remettre en cause les dirigeants revient à remettre en cause Dieu Lui-même. 

Après tout, les conducteurs représentent l'autorité, et ceux qui sont en position d'autorité ont toujours raison. Cela pousse les gens à accorder à tort leur loyauté à un dirigeant, une église ou une organisation".

"Trois facteurs sont nécessaires pour créer cette loyauté pervertie. Tout d'abord, les conducteurs doivent favoriser l'idée qu'il n'y a que "nous qui ayons raison." Cette idée doit imprégner tout le système. Les membres de ce système doivent y rester, s'ils veulent être "en sécurité," s'ils veulent "rester en bons termes avec Dieu," ou s'ils ne veulent pas être accusés d'avoir pris une fausse piste, ou d'être des "rétrogrades."

"Le second facteur qui crée une loyauté pervertie est le recours à des tactiques d'intimidation. On dit par exemple : "Dieu va vous retirer Son Esprit, ainsi qu'à votre famille. Dieu va détruire votre entreprise. Sans notre protection spirituelle, Satan va s'emparer de vos enfants. Vous et votre famille allez vous mettre sous une malédiction…"

"Le troisième facteur permettant de créer une loyauté pervertie est la menace d'une humiliation. On y parvient en faisant honte aux gens, en les désignant du doigt publiquement, ou en les menaçant d'être excommuniés du groupe.

Dans un système abusif, c'est la crainte d'être humilié publiquement ou d'être exclu, qui permet aux dirigeants d'obtenir la soumission du groupe, et qui protège ceux qui occupent une position d'autorité. Vous pouvez être "désigné publiquement du doigt" si vous posez trop de questions, si vous désobéissez aux règles non formulées, ou si vous vous opposez à l'autorité établie. On traite certaines personnes de manière à en faire des exemples, afin de faire passer un message à tous ceux qui restent. D'autres font l'objet de campagnes de harcèlement téléphonique. On avertit tous leurs amis et tous les membres du groupe du "danger" qu'ils représentent".

  • Un esprit de dissimulation.

Quand vous vous rendez compte que les membres d'un système religieux font de la dissimulation, prenez garde ! Les gens ne cachent pas ce qui est convenable. Ils cachent ce qui ne l'est pas !". "L'une des raisons pour lesquelles les familles ou les églises spirituellement abusives prennent goût au secret est le fait qu'elles attachent trop d'importance à leur image. Les membres de ces systèmes ne peuvent pas eux-mêmes vivre selon les normes qu'ils ont fixées. Il faut donc qu'ils cachent la réalité. Certains le font parce qu'ils croient qu'ils doivent protéger le nom du Seigneur. Ils attachent donc plus d'importance à l'apparence des choses et à l'opinion des autres qu'à la vérité. Ils deviennent des sortes d'agents de relations publiques de Dieu. La vérité, c'est que Dieu n'a besoin d'aucun agent de relations publiques !".

Johnson et Van VONDEREN, croient qu'il est indispensable de recentrer les victimes d'abus spirituels sur la vérité à propos de Dieu et de Sa "Bonne Nouvelle." C'est pour cela qu'ils nous présentent une liste des bienfaits de Dieu, dont nous devons nous rappeler. Nous ne devons pas oublier que Dieu nous aime profondément : "Voyez quel amour le Père nous a témoigné, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu ! Et nous le sommes" (1 Jean 3:1). Sa grâce est extravagante : "Nous ayant prédestinés dans son amour à être ses enfants d'adoption par Jésus-Christ, selon le bon plaisir de sa volonté, à la louange de la gloire de sa grâce qu'il nous a accordée en son bien-aimé. En lui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce, que Dieu a répandue abondamment sur nous par toute espèce de sagesse et d'intelligence" (Ephésiens 1:5-8). C'est Lui qui nous affermit : "Et celui qui nous affermit avec vous en Christ, et qui nous a oints, c'est Dieu, lequel nous a aussi marqués d'un sceau et a mis dans nos cœurs les arrhes de l'Esprit" (2 Cor. 1:21-22). Il est digne de confiance : "Retenons fermement la profession de notre espérance, car celui qui a fait la promesse est fidèle" (Hébreux 10:23).

Il nous a entièrement créés de nouveau : "Sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché" (Romains 6:6). "Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles" (2 Cor. 5:17). Il nous a personnellement choisis : "En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui" (Eph. 1:4). Tout ce qui Lui appartient nous appartient aussi : "En lui nous sommes aussi devenus héritiers" (Eph. 1:11). Parce que "l'Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d'être glorifiés avec lui" (Romains 8:16-17). Dieu ne garde aucune trace de notre passé : "Et je ne me souviendrai plus de leurs péchés ni de leurs iniquités" (Héb. 10:17).

Il comprend nos luttes et nos souffrances : "Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos afflictions, afin que, par la consolation dont nous sommes l'objet de la part de Dieu, nous puissions consoler ceux qui se trouvent dans quelque affliction !" (2 Cor. 1:3-4). Nous n'avons pas besoin d'essayer d'améliorer ce qu'Il a accompli : "Vous avez tout pleinement en lui, qui est le chef de toute domination et de toute autorité" (Col. 2:10). "C'est aussi pour cela qu'il peut sauver parfaitement ceux qui s'approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur" (Héb. 7:25). Quand nous échouons, Jésus nous défend : "C'est aussi pour cela qu'il peut sauver parfaitement ceux qui s'approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur" (Héb. 7:25). "Et si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste" (1 Jean 2:1).

"Voici les exhortations que j'adresse aux anciens qui sont parmi vous, moi, témoin des souffrances de Christ, et participant de la gloire qui doit être manifestée : Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu ; non pour un gain sordide, mais avec dévouement ; non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau. Et lorsque le souverain pasteur paraîtra, vous obtiendrez la couronne incorruptible de la gloire. De même, vous qui êtes jeunes, soyez soumis aux anciens. Et tous, dans vos rapports mutuels, revêtez-vous d'humilité ; car Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles" (1 Pierre 5:1-5).

Les pervers narcissiques

C’est le plus dangereux des manipulateurs; mais heureusement, il est statistiquement rare. Avec lui, nous ne sommes plus dans le registre des personnes difficiles mais dans celui des personnalités difficiles. Marie-France HIRIGOYEN (Le harcèlement moral-La violence perverse au quotidien), qualifie les pervers narcissiques de « psychotiques sans symptôme ». Incapables d’identifier et d’accepter leur propre souffrance, ils trouvent leur équilibre en faisant souffrir leurs victimes, telles des sangsues, ils se nourrissent de la souffrance qu’ils provoquent chez les autres, d’où leur très forte capacité de nuisance. C’est un monde parallèle qu’il est difficile de comprendre si on n’a pas reçu de formation appropriée. Il ne faut pas confondre le pervers narcissique avec le manipulateur égocentrique : le manipulateur égocentrique enfreint aussi les lois relationnelles, mais lorsqu’il est confronté à la réalité de son comportement et de ses effets, il peut reconnaître les faits et changer d’attitude. On qualifie ce comportement de délinquant et non pervers. Le pervers narcissique, lui, est dans l’incapacité de changer. Ce n’est pas un problème spirituel ou de mauvaise volonté mais un problème de structure profonde de personnalité.

Le pervers narcissique est souvent décrit comme suit :


- Il est séducteur
- Intelligent
- Egocentrique
- Incapable d’empathie
- Il affiche un sentiment de grandeur
- Et le désir d’obtenir l’admiration des autres
- Il convoite la réussite de ses victimes
- Et peut se montrer paranoïaque

C’est un fin manipulateur et parvient à inverser ses responsabilités en faisant que les victimes se sentent coupables et responsables de ce qui se passe. Il joue avec la honte, il dévalorise l’autre, il ment parfaitement, pratique la désinformation et la confusion chez ses victimes. Le pervers narcissique n’a pas de superviseur et ne rend de compte à personne. C’est une personne dangereuse dont il faut se protéger. On pourrait identifier ce genre de personnes avec ceux que la Bible appelle les « les Méchants ». 

La victime d’abus spirituel peut être confrontée à l’un de ces trois types ou se retrouvera prise dans un système lui-même abusif. De la même manière, l’abuseur agit soit seul, soit au sein d’un système abusif. Dans ce dernier cas, quelqu’un n’ayant pas une personnalité abusive mais qui fonctionne dans un tel groupe, risque de se comporter en abuseur.

Que faire en cas d’abus spirituel?

Si une personne a été abusée spirituellement par un responsable ou par une personne de son Église ou sa communauté, il ne faut pas essayer d’en parler directement à l’abuseur. Confronter cette personne lui donnerait l’occasion de culpabiliser davantage, de tenter de l’empêcher de quitter le groupe, ou de lui renvoyer la faute de tout ce qui s’est passé… Bref, de le faire souffrir encore une fois. La meilleure solution est de s’éloigner de ce groupe -ou personne- afin de se protéger.

 

Si la victime ressent le besoin de dénoncer cet abus, elle a la possibilité de prévenir des membres de la hiérarchie au-dessus de la personne abusive… ou des responsables. Ce qui compte ici, c’est de se protéger, de créer une distance pour se reconstruire.

Les 30 critères du manipulateur

par Isabelle NAZARE-AGA

 

Comment y faire face?

1. Il culpabilise les autres au nom du lien familial, de l’amitié, de l’amour, de la conscience professionnelle

2. Il reporte sa responsabilité sur les autres, ou se démet des siennes

3. Il ne communique pas clairement ses demandes, ses besoins, ses sentiments et opinions

4. Il répond très souvent de façon floue

5. Il change ses opinions, ses comportements, ses sentiments selon les personnes ou les situations

6. Il invoque des raisons logiques pour déguiser ses demandes

7. Il fait croire aux autres qu’ils doivent être parfaits, qu’ils ne doivent jamais changer d’avis, qu’ils doivent tout savoir et répondre immédiatement aux demandes et questions

8. Il met en doute les qualités, la compétence, la personnalité des autres : il critique sans en avoir l’air, dévalorise et juge

9. Il fait faire ses messages par autrui

10. Il sème la zizanie et crée la suspicion, divise pour mieux régner

11. Il sait se placer en victime pour qu’on le plaigne

12. Il ignore les demandes même s’il dit s’en occuper

13. Il utilise les principes moraux des autres pour assouvir ses besoins

14. Il menace de façon déguisée, ou pratique un chantage ouvert

15. Il change carrément de sujet au cours d’une conversation

16. Il évite ou s’échappe de l’entretien, de la réunion

17. Il mise sur l’ignorance des autres et fait croire en sa supériorité

18. Il ment

19. Il prêche le faux pour savoir le vrai

20. Il est égocentrique

21. Il peut être jaloux

22. Il ne supporte pas la critique et nie les évidences

23. Il ne tient pas compte des droits, des besoins et des désirs des autres

24. Il utilise souvent le dernier moment pour ordonner ou faire agir autrui

25. Son discours paraît logique ou cohérent alors que ses attitudes répondent au schéma opposé

26. Il flatte pour vous plaire, fait des cadeaux, se met soudain aux petits soins pour vous

27. Il produit un sentiment de malaise ou de non-liberté

28. Il est parfaitement efficace pour atteindre ses propres buts mais aux dépens d’autrui

29. Il nous fait faire des choses que nous n’aurions probablement pas faites de notre propre gré

30. Il fait constamment l’objet des conversations, même lorsqu’il n’est pas là.

 

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